Le président du Conseil constitutionnel du Cameroun, Clément Atangana, est décédé ce matin à Paris, où il avait été évacué pour recevoir des soins médicaux approfondis. Il avait 85 ans.
Originaire de Ngomedzap, dans le département du Nyong et So’o, Clément Atangana était un magistrat hors hiérarchie dont la carrière s’achève dans la controverse. Nommé à la tête du Conseil constitutionnel, il a souvent été perçu comme un arbitre partial dans le domaine électoral.
Lors du contentieux électoral de la présidentielle de 2018, le Conseil constitutionnel, sous sa direction, s’est illustré en déclarant « irrecevable » tous les recours. Cette attitude lui a valu le surnom d’« Irrecevable » dans l’opinion publique. Depuis, l’institution est considérée comme inféodée au pouvoir et au RDPC, le parti au pouvoir.
Clément Atangana a lui-même alimenté les soupçons de parti-pris. Au soir de la proclamation des résultats de la présidentielle, une vidéo de lui a circulé sur les réseaux sociaux, le montrant se réjouissant en famille de la victoire de Paul Biya, le candidat sortant, qu’il aurait désigné comme « votre candidat ».
En 2025, il avait participé à une réunion du Comité de développement du Nyong et So’o, qui avait abouti à une motion de soutien à Paul Biya, accompagnée d’un « appel à se présenter à la prochaine élection présidentielle ». Un journaliste de Cameroon Tribune, le journal gouvernemental, avait relayé l’information, ce qui avait alimenté les débats et les critiques. Clément Atangana s’était défendu en affirmant avoir pris part à une réunion d’une association apolitique et ne pas avoir participé à la rédaction de la motion. Malgré cela, l’image d’un soutien à Paul Biya était déjà ancrée dans les esprits de nombreux opposants.
