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Iyad Ag Ghaly : pourquoi le Mali a mis sa tête à prix avec d’autres chefs du JNIM et du FLA

Iyad Ag Ghaly : Pourquoi le Mali a mis sa tête à prix avec d’autres chefs du JNIM et du FLA

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Iyad Ag Ghaly.

Crédit photo, Getty Images

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Les autorités maliennes ont annoncé jeudi une prime pouvant aller jusqu’à 2 milliards FCFA pour la capture d’Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe djihadiste sahélien JNIM, et certains de ses collaborateurs pour leur implication présumée dans des actes de terrorisme. Cette décision survient près de deux mois après l’attaque combinée de Kidal et de Kati par les djihadistes et les séparatistes du FLA.

A travers un communiqué signé du ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mouhammedine, les autorités maliennes invitent les populations à collaborer avec les forces armées et de sécurité pour aider à la localisation de sept personnes considérées comme des menaces à la sé curité du pays.

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  • Qui est Sadio Camara, le ministre malien de la Défense, tué dans l’attaque de sa résidence ?

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Ce qu’ont annoncé les autorités maliennes

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Crédit photo, Getty Images

“Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de la préservation de la sécurité nationale, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique qu’une récompense financière est offerte à toute personne fournissant des informations fiables, pertinentes et exploitables permettant l’arrestation ou la neutralisation des individus ci-après désignés”, a indiqué le communiqué du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, diffusé jeudi à la télévision d’État.

Les autorités maliennes ont offert une prime comprise de 2 milliards de francs CFA pour la capture du chef djihadiste Iyad Ag Ghaly, leader du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), aussi connu sous l’appellation Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

Il y a également Amadou Koufa chef de la katiba Macina et Abdoulaye Mohamed, alias Habib, lui aussi de la katiba Macina, pour qui la prime offerte est de 1,5 milliard de francs CFA.

En quatrième position arrive la figure politique et militaire du Front de libération de l’Azawad Algabas Ag Intallah dont la tête est mise à prix pour 1 milliard de francs CFA.

Ils sont suivis des trois responsables du Front de Libération de l’Azawad, Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, dont les têtes sont réclamées à 500 millions de francs CFA.

Cette décision survient après les attaques coordonnées du 25 avril dernier menées par des djihadistes du JNIM et des séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), et qui ont coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara.

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Qui est Iyad Ag Ghaly ?

Le 7 août 2012, à l'aéroport de Kidal, dans le nord du Mali, Iyad Ag Ghaly, chef du groupe islamiste Ansar Dine, attend le ministre burkinabé des Affaires étrangères, chargé de trouver une solution à l'état d'urgence qui dure depuis vingt semaines et qui a vu les islamistes s'emparer du nord du Mali. Ghaly, partisan de l'instauration de la charia au Mali, s'est engagé le 7 août à soutenir les efforts de médiation régionale pour résoudre la crise politique dans ce pays d'Afrique de l'Ouest en proie au chaos.

Crédit photo, Romario Ollo Hien/AFP via Getty Images

Né en 1958 à Boghassa dans la région de Kidal, au nord du Mali, Iyad Ag Ghali est un chef de guerre touareg et djihadiste malien.

Dans les années 1970, il se réfugie en Libye où il intègre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi, comme de nombreux Touaregs de son âge, pour combattre au Liban et au Tchad.

Après son retour au Mali au début des années 90, il fonde le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) et déclenche la rébellion touarègue.

Il sera aussi à la base de la création du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) qu’il dirige pour combattre l’État malien avant de signer un protocole de paix avec ce dernier en 1992.

Tourné vers l’islamisme et le djihadisme, il se radicalise et se lie avec les djihadistes du GSPC, un groupe affilié à Al Qaïda en 2007 et qui devient plus tard Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Iyad Ag Ghaly est le fondateur en 2012 du groupe salafiste djihadiste Ansar Dine pour se joindre au combat d’AQMI. Cinq ans plus tard, en 2017, il crée et prend la tête du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une fusion de plusieurs groupes djihadistes maliens qui font allégeance à AQMI et Al Qaïda.

Selon Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly est devenu « l’homme le plus recherché du Sahel et la plus grande menace pour le gouvernement malien ».

“Depuis quelques mois, ce chef rebelle a changé de méthode pour mener sa guerre. Au lieu de simplement combattre l’armée sur le terrain, il utilise désormais une stratégie de ‘blocage économique'”, a signalé le think tank dirigé par Dr Bakary Sambe.

“En coupant les routes principales et en détruisant des installations importantes comme les lignes électriques, il cherche à priver la capitale de vivres, de carburant et d’énergie. Son but est de rendre la vie des habitants impossible pour affaiblir le pays de l’intérieur”, a souligné Timbuktu Institute dans une de ses publications.

Selon Timbuktu Institute, basé sur des analyses de spécialistes de la région, son objectif est purement politique, et consiste à vouloir isoler le régime actuel au pouvoir à Bamako et provoquer sa chute, mais pas de diriger le Mali.

“Il préférerait sans doute rester dans l’ombre pour contrôler la situation à distance. Pour le gouvernement, cette menace est extrêmement grave. Elle ne se joue plus seulement sur le front militaire, mais directement dans le quotidien des Maliens, ce qui oblige le pouvoir à trouver de toute urgence de nouvelles solutions pour protéger le cœur du pays”, argumente Timbuktu Institute.

Un mandat d’arrêt international est émis depuis plusieurs années contre Iyad Ag Ghaly par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’accuse de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis entre 2012 et 2013.

Affilié à Al-Qaïda, le JNIM, l’un des groupes djihadistes les plus actifs au Sahel, sème la terreur au Mali, au Niger et au Burkina Faso, qui forment l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

L’interdiction vise les motos de moyenne et grosse cylindrée, plus puissantes et plus rapides, tandis que les petites cylindrées ne sont pas concernées.

Les autorités ont également suspendu l’importation et la vente de motos et de pièces détachées pour un an. Les commerçants ont trois mois pour déclarer leurs stocks, à défaut de voir leurs stocks de motos non déclarés saisis par les autorités.