Politique

Burkina Faso, Mali et Niger quitta la CPI : le défi pour une justice réellement africaine

Une justice globale en crise

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement retiré leur adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), un coup dur pour la justice pénale internationale.

Le retrait de ces pays est un signal d’alarme pour l’ensemble du droit international, qui a longtemps dépendu des puissances occidentales pour régler les conflits. Mais le message du Sahel est limpide : la CPI a perdu le monopole de la morale internationale.

Les États africains doivent donc prouver que l’alternative à La Haye n’est pas la loi du plus fort, mais l’affirmation d’une justice continentale forte, indépendante, équitable et respectée par tous. Le retrait de la CPI est un défi pour trouver une alternative.

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) : un outil majeur

La CADHP au niveau continental et la Cour de justice de la CEDEAO au niveau sous-régional sont des instruments majeurs pour garantir les droits fondamentaux des citoyens. Mais il est incohérent d’attaquer la CPI pour son ingérence ou sa partialité tout en piétinant, au niveau local, les arrêts rendus par nos propres juridictions communautaires.

Un État de droit authentique

Si le départ de la CPI sert uniquement à protéger les régimes en place tout en continuant d’ignorer les décisions de la Cour de la CEDEAO ou de la CADHP, il ne fera que remplacer la domination extérieure par l’arbitraire intérieur, laissant les citoyens sans aucun recours. Mais si ce retrait devient le détonateur d’une prise de conscience collective poussant les États à financer, respecter et soumettre leur pouvoir aux juridictions régionales et continentales, alors l’Afrique posera les bases d’un État de droit authentique.

Un message pour la COPUJ

Le retrait de la CPI marque la fin définitive de l’illusion d’une justice globale régie depuis l’Ouest. Le message du Sahel est clair : il appartient désormais aux nations africaines et aux institutions sous-régionales de prouver que l’alternative à La Haye n’est pas la loi du plus fort, mais l’affirmation d’une justice continentale forte, indépendante, équitable et respectée par tous.